FABRAS
INFORMATIONS
Nicole Chambouleyron....

:: Consultez l'agenda

:: Situer Chanareilles

LIENS
:: www.chateaudupin.org

DIAPORAMA VIE LOCALE
:: voir le diaporama
La mairie, pour moi, c’est un lieu symbolique, un lieu de vie, un lieu de décisions, justement parce qu’il y a de la vie. Oui, un lieu qui témoigne de la vie : de la naissance à la mort on en a besoin.
Dès l’origine, j’ai apprécié mon père - il était Conseiller Municipal et Premier Adjoint. Gamine, je le voyais sortir, aller aux réunions. J’aime participer, de toutes les façons, y compris de l’intérieur, lancer une dynamique. Même avant d’être conseillère, je tenais la buvette !
Et puis, il y a ce qui force le destin : on se lance sans arrière-pensée. Il y a aussi le côté affectif : mon père et le maire, Claude Moulin, avec qui j’avais beaucoup d’affinités. Quand on m’a demandé d’entrer au Conseil, j’ai eu une hésitation très intense et très courte : comment tu vas faire en travaillant à Privas ? Comment être suffisamment présente ? Et puis je me suis dit : la présence physique ça peut être simplifié, ce qui compte c’est plus la qualité du temps passé que la quantité. J’essaye de partir de ce postulat. C’était bien aussi qu’on prenne une femme au Conseil Municipal, mais c’était davantage ce côté affectif : « J’espère que mon père et Claude étaient fiers… ».
C’est gratifiant aussi d’être Adjointe. S’occuper du budget ? C’est à la fois ingrat et indispensable. S’investir, c’est un moteur éducatif pour les parents, les amis. Quant aux critiques quand on a l’impression d’avoir bien fait…je ne désespère pas trop ! Je réfléchis et je cherche à mettre l’autre en situation. J’ai un mode de pensée très…maoïste ! Il faut accepter de prendre du recul.
D’être élue et confrontée à toutes sortes de réactions, ça apprend la patience. On a envie de bouillir mais il ne faut pas bouillir ! Si on n’est pas capable d’accepter la critique, il faut partir. On ne peut pas avoir l’adhésion de tout le monde – mais il faut au moins obtenir 10/20 !
La politique, il y a deux niveaux. Celui auquel je suis le plus attachée : un système de pensée qu’on va essayer d’appliquer à son niveau : améliorer la vie de ceux qui sont autour de vous. Je ne me verrais pas me contenter des idées : la politique c’est l’action au travers des idées, leur application…qui peut parfois être très différente des idées d’origine, en fonction de la réalité et des moments : l’action peut être entravée, freinée ou accélérée.
Le deuxième niveau, macro-économique, qui m’intéresse le plus en tant qu’acteur, est celui qui va générer les idées. En tant qu’observatrice, il est très important : pour arriver à quelque chose, il faut se confronter. Plus la confrontation est large, forte, plus tu pourras y puiser des idées – justement parce que tu n’es plus dans ton petit univers.
J’ai longtemps été Déléguée du Personnel CFDT, membre du Comité d’Entreprise à la Commission Formation. J’ai été très proche du PS, sans avoir jamais pris ma carte - avec des implications très concrètes au niveau de la Commune : comment, par exemple, appliquer la loi des 35 heures aux employés communaux. Une loi bonne globalement mais difficile à concrétiser dans les petites structures comme la commune de Fabras.
L’action, puis les idées. J’ai été hyper contente lors de l’abrogation de la peine de mort et, aujourd’hui, je suis, sous certaines conditions, pour l’euthanasie. Quand tu es élue, tu peux faire passer tes idées à la fois plus facilement et plus durement. Plus facilement parce que tu rencontres davantage de gens. Plus durement parce que tu risques d’être mal perçue par la personne qui est en face de toi : j’ai toujours peur qu’on pense que je suis chargée de quelque chose qui vient de l’extérieur, alors que je n’agis que par rapport à mon propre ressenti.
Une commune comme Fabras, on y retrouve les problèmes et les composantes d’une famille élargie. Mon investissement ici est vraiment plus affectif que politique. Il y a aussi un rôle politique mais ce n’est pas le moteur déclenchant.
Je me dis toujours : il faut que tu aies de la patience, de la tolérance, de la compréhension. Je crois que quand l’objectif qu’on se fixe est de faire progresser, on se rate très peu. Si tu ne le fais pas pour le pouvoir, ça a toutes les chances de fonctionner. Et puis, quand on est élue, il ne faut jamais être figée, être toujours intellectuellement disponible.
Cette mairie de Fabras est à taille humaine. Une bâtisse belle, en pierre, solide, simple, et il y a eu l’école dans les murs. J’adore aller dans la cour où je jouais - dix ans de ma vie…-.
La mairie…Une petite entrée. Tu frappes et tu es directement dans le bureau de la secrétaire. Au fond, on va chez le maire – il y faudrait plus d’espace, pour éviter la frontière entre le maire et ses administrés. Et la salle du conseil, pas tout à fait assez grande, sympathique, avec ce buste de Marianne, sereine - peut-être trop !
Moi, elle ne m’accroche pas : il n’y a pas la patte locale. Ce symbole de la république pourrait être adapté à l’environnement du cru, en bois de châtaignier… ! Qu’il n’y ait pas une seule et même Marianne pour tous les villages ! Sinon, c’est comme la photo du Président de la République : partout la même, tu ne la regardes plus. C’est moins dramatique dans la mesure où il change ! Et avant, il n’y avait même pas de Marianne à la mairie !
Il y aussi ce petit frigo, à côté de Marianne, sous la fenêtre, d’où je vois les cerises et un châtaignier. ..
C’est bien de se dire  qu’est-ce qu’on est bien ici ! De se dire : essayons de vivre le mieux possible dans ce lieu.
Fabras, c’est la liberté. Essayons de préserver un petit enclos de liberté. Je vis à Valence où tu as l’impression que tout t’écrase, et là…c’est la liberté, la respiration, une bouffée d’air. Souvent on m’embête avec ça : « Ah ! Si tu ne voyais pas ton clocher d’une semaine !… ».
Mairie de Fabras, 07380 Fabras (Ardèche, Rhône-Alpes) - Tel. : 04.75.94.10.76 Fax : 04.75.94.19.46 - Courriel : fabras@wanadoo.fr
Fabras, cevennes ardechoises